Chakras : les 7 centres, d’où ils viennent et comment les aborder

Rouge à la base de la colonne vertébrale, violet au sommet du crâne : c’est ainsi qu’on dessine presque toujours les chakras. Ce schéma familier mêle une tradition indienne vieille de plusieurs siècles et des ajouts bien plus récents, couleurs comprises. Savoir ce qui vient d’où vous aide à pratiquer avec plaisir, sans prendre une promesse pour un fait.

En bref

N°Nom sanskrit (sens du mot)EmplacementÉlément dans la traditionCouleur moderneCe qu’on lui associe aujourd’hui
1Muladhara (le support de la racine)Périnée, base de la colonneTerreRougeAncrage, sécurité
2Svadhisthana (sa propre demeure)Bas-ventre, sacrumEauOrangeÉmotions, créativité, plaisir
3Manipura (la cité des joyaux)Nombril, plexus solaireFeuJauneConfiance, volonté
4Anahata (le non-frappé)Cœur, milieu de la poitrineAirVertAmour, compassion
5Vishuddha (le très pur)GorgeÉtherBleu clairExpression, communication
6Ajna (le commandement)Entre les sourcilsPenséeIndigoIntuition, clarté
7Sahasrara (aux mille pétales)Sommet du crâneAu-delà des élémentsVioletSpiritualité, unité

Le nom, l’emplacement et l’élément viennent des textes indiens. La couleur et les qualités associées sont des ajouts occidentaux du XXe siècle : elles peuvent servir de repère, à condition de savoir qu’elles sont récentes.

D’où vient le mot

Chakra vient du sanskrit cakra, qui veut dire « roue » ou « disque ». Dans l’Inde ancienne, le mot désignait aussi un symbole de pouvoir : le souverain idéal était celui qui fait tourner la roue. Le bouddhisme en a fait la roue de la loi, et c’est une roue, le chakra d’Ashoka, qui figure aujourd’hui au centre du drapeau indien.

Ce que disent les textes indiens

Dans les traditions du tantrisme, un chakra est un centre du corps subtil, ce double invisible du corps physique que décrivent ces textes. Des canaux d’énergie, les nadis, s’y rejoignent. Chaque centre est représenté par un lotus, avec un nombre précis de pétales, un élément et une syllabe sacrée, le bija : LAM, VAM, RAM, YAM, HAM et OM pour les six premiers.

Les centres jalonnent la montée de la kundalini, une énergie qu’on représente comme un serpent lové à la base de la colonne. Quand elle atteint le lotus aux mille pétales, au sommet de la tête, la tradition parle d’éveil spirituel.

Le nombre n’a jamais été fixé une fois pour toutes. Des textes bouddhistes médiévaux, à partir du VIIIe siècle, en décrivent quatre ou cinq. Le schéma de six centres surmontés d’un septième au sommet du crâne apparaît dans un texte du XIe siècle, le Kubjikamata-tantra. Le texte le plus connu sur ce schéma, l’« Exposition des six chakras » de Purnananda, date de 1577 : son titre n’en compte que six, car le lotus du sommet du crâne y est décrit à part, comme le point d’arrivée.

Ce que l’Occident y a ajouté

Le système arrive en Europe dans les années 1880, avec les théosophes, un mouvement ésotérique qui mêlait spiritualités d’Orient et d’Occident. En 1919, le Britannique John Woodroffe, sous le pseudonyme d’Arthur Avalon, publie « The Serpent Power », une traduction commentée du texte de Purnananda qui le fait connaître du grand public. En 1927, le théosophe Charles Leadbeater y ajoute son propre système de couleurs.

Les couleurs de l’arc-en-ciel et la liste de qualités psychologiques (ancrage, créativité, confiance…) que l’on trouve partout aujourd’hui ne sont apparues ensemble qu’en 1977, selon le chercheur Kurt Leland, qui a retracé cette histoire. Les correspondances avec les pierres, l’astrologie ou le tarot sont, elles aussi, des ajouts modernes.

Cela n’enlève rien à la pratique : c’est une tradition vivante, qui s’est transformée en voyageant. Mais quand un livre vous présente le chakra du cœur, vert et voué à l’amour, comme un savoir millénaire, vous savez que cette couleur et cette qualité datent du XXe siècle.

Les 7 centres un par un

La lecture moderne se prête bien à un usage simple : une question par centre, pour faire le point sur ce que vous vivez.

1. Muladhara, le chakra racine

Placé au périnée, à la base de la colonne, il est associé à la terre et représenté par un lotus à quatre pétales. La lecture moderne en fait le centre de l’ancrage et de la sécurité matérielle. La question à vous poser : sur quoi puis-je m’appuyer en ce moment ?

2. Svadhisthana, le chakra sacré

Situé dans le bas-ventre, il est associé à l’eau, avec un lotus à six pétales. On lui rattache aujourd’hui les émotions, le plaisir et la créativité. La question : qu’est-ce qui me fait vraiment plaisir, et quelle place je lui laisse ?

3. Manipura, le plexus solaire

Au niveau du nombril, associé au feu, il compte dix pétales. Son nom signifie « la cité des joyaux ». La lecture moderne y place la confiance en soi et la volonté. La question : où est-ce que je n’ose pas affirmer ce que je veux ?

4. Anahata, le chakra du cœur

Au milieu de la poitrine, associé à l’air, il porte douze pétales. Son nom désigne un son « non frappé », un son qui naît sans qu’aucun objet n’en heurte un autre. On lui associe aujourd’hui l’amour et la compassion. La question : à qui, ou à quoi, ai-je fermé ma porte ?

5. Vishuddha, le chakra de la gorge

Associé à l’éther, l’espace qui contient tous les autres éléments, il compte seize pétales. La lecture moderne en fait le centre de l’expression. La question : qu’est-ce que je garde pour moi alors que j’aimerais le dire ?

6. Ajna, le troisième œil

Entre les sourcils, il n’a que deux pétales et la syllabe OM. Son nom signifie « commandement ». On l’associe à l’intuition et à la clarté de l’esprit. La question : qu’est-ce que je sais déjà, sans me l’être encore avoué ?

7. Sahasrara, le chakra couronne

Au sommet du crâne, c’est le lotus aux mille pétales, point d’arrivée de la kundalini. La lecture moderne le relie à la spiritualité et au sentiment d’unité. La question : qu’est-ce qui donne du sens à mes journées ?

Un chakra « bloqué », qu’est-ce que cela veut dire ?

En atelier, c’est de loin la question qu’on me pose le plus. Dans les textes anciens, les centres sont les étapes d’une pratique de méditation. L’idée qu’un centre « bloqué » expliquerait une fatigue ou un mal de ventre appartient aux approches énergétiques modernes. Aucune étude scientifique n’a montré que les chakras existent physiquement, et il n’existe aucun moyen de les mesurer.

Lire un mal de gorge comme un blocage de Vishuddha peut être une piste de réflexion, jamais un diagnostic. Une douleur, une fatigue qui dure ou une angoisse qui s’installe se montrent à un médecin : le travail symbolique peut accompagner un soin, il ne le remplace pas.

Une pratique simple pour commencer

Asseyez-vous le dos droit, sur une chaise ou un coussin, et fermez les yeux. Portez votre attention à la base de la colonne et respirez trois fois lentement, en remarquant simplement ce que vous sentez à cet endroit. Montez ensuite, centre après centre, jusqu’au sommet du crâne : comptez cinq minutes environ.

Si vous aimez le son, prononcez à voix basse la syllabe de chaque centre sur l’expiration, LAM pour le premier, puis VAM, RAM, YAM, HAM et OM. Notez ensuite en une phrase l’endroit où votre attention a eu le plus de mal à se poser : c’est souvent là qu’est la question du jour.

Certains aiment poser une pierre sur chaque centre pendant l’exercice. Les correspondances entre pierres de lithothérapie et chakras sont, elles aussi, une tradition moderne : prenez la pierre comme un point d’appui pour l’attention, pas comme un remède. D’autres pratiques de méditation et de rituel sont expliquées dans la rubrique Spiritualité.

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Céleste Varenne
Céleste Varenne

Céleste Varenne pratique l’astrologie et le tarot de Marseille depuis plus de quinze ans. Pour Selenoria, elle écrit des guides clairs pour lire un thème astral, interpréter un tirage ou calculer un chemin de vie, avec une conviction : le ciel éclaire nos choix, il ne les fait pas à notre place.

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